Crise ukrainienne: quels canaux diplomatiques reste-il à Vladimir Poutine?

Crise ukrainienne: quels canaux diplomatiques reste-il à Vladimir Poutine?


Après la reconnaissance par la Russie de l’indépendance des deux régions séparatistes dans l’est de l’Ukraine, Vladimir Poutine s’est dit prêt, ce mercredi 23 février, à trouver des « solutions diplomatiques » avec les Occidentaux, dans le respect de ses « intérêts non négociables ». Mais quels canaux diplomatiques pourraient bien servir pour trouver une solution, sachant que la Russie refuse jusqu’à présent toute discussion ?

Vladimir Poutine ne semble pas fermer la porte à d’éventuelles négociations comme il l’a fait comprendre ce mercredi 23 février. Et cette volonté de trouver une issue diplomatique à cette crise est partagée puisque même le président américain estime qu’il est encore temps d’éviter le pire en Ukraine. Le problème qui se pose désormais est de savoir comment et par quel biais ouvrir ces discussions. Du côté occidental, on estime que la Russie ne souhaite tout simplement pas négocier. L’absence de représentant des autorités russes samedi dernier lors de la réunion sur la sécurité de Munich en est la preuve selon certains des participants.

D’éventuelles discussions entre l’Otan et la Russie semblent improbables, étant donné les tensions actuelles. Le « format Normandie », qui regroupait la France, l’Allemagne, l’Ukraine et la Russie, est enterré depuis que Vladimir Poutine a annoncé que les accords de paix en Ukraine n’existaient plus.

Reste le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui regroupe 57 pays membres, dont la Russie, qui semble la seule voie envisageable. Mais après l’annonce de l’annulation des rencontres entre le ministre russe des Affaires étrangères et son homologue français et celle aussi prévue aussi avec Anthony Blinken, le secrétaire d’État américain, il est difficile d’imaginer les différentes parties s’assoir à une table et ouvrir des discussions, en tout cas officiellement.

Quels alliés pour Poutine ?

Après l’annonce de Moscou de la reconnaissance d’indépendance des deux régions séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, les condamnations des pays occidentaux sont en tout cas unanimes. Les chefs de la diplomatie des grandes puissances du G7 ont apporté leur « soutien inébranlable » à l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Mais une poignée de pays apportent, timidement ou plus fermement, leur soutien à Moscou.

C'est le cas de Damas par exemple, qui ose même un parallèle. Pour le ministre des Affaires étrangères, « ce que l'Occident fait actuellement contre la Russie est similaire à ce qu'il a fait contre la Syrie ».

Le Venezuela reste aussi un soutien fort de Moscou, qui est l'un de ses principaux alliés. « Le Venezuela apporte tout son soutien à Poutine », clamait mardi le président Nicolas Maduro, qui recevait encore vendredi le vice-Premier ministre russe à Caracas. Le pays avait déjà soutenu la Russie en 2008 quand elle avait reconnu l'indépendance de l'Ossétie du sud avec sa rhétorique habituelle : il faut résister, lutter contre l'impérialisme.

« Les États-Unis mettent de l’huile sur le feu »

Et puis, d'autres pays ne soutiennent pas explicitement les dernières décisions de la Russie. La Chine comme l'Iran se contentent d'appeler les acteurs de la crise à faire preuve de retenue. Pour la propagande communiste, « les États-Unis mettent de l’huile sur le feu », après les sanctions américaines infligées à la Russie.

À l’occasion d’un point presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunyin s’est aussi interrogée sur le rôle joué par Washington dans les tensions actuellement observées en Ukraine, rapporte notre correspondant à Pékin, Valentin Abeille. La diplomate chinoise accuse aussi les États-Unis d’avoir créé la panique et exagéré le calendrier d’une guerre. Cette sortie médiatique tranche avec l’attitude plutôt prudente jusqu’ici de la Chine dans le dossier ukrainien.

Soucieuse de ne pas froisser son allié russe, Pékin avait toutefois appelé chaque partie à la « retenue » sans jamais soutenir une intervention militaire. Dans le même temps, une notice de la censure a fuité sur les réseaux sociaux chinois et appelait les médias à ne pas relayer d’avis défavorables à la Russie ou favorables à l’Occident.

Par Rfi

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